Edito
C’est aussi ça la pêche !
Après plusieurs mois marqués par un hiver tenace sur une large partie des côtes françaises, la période rigoureuse et humide touche enfin à sa fin. Des semaines durant, il a fallu composer avec une météo incroyablement instable, humide, ponctuée de coups de vent successifs et de rares accalmies. Mais, malgré des eaux encore chargées et des précipitations persistantes, les signes de transition sont là : les journées s’allongent, les premières fenêtres météo se dessinent… et, déjà, l’irrésistible appel de la mer se fait de nouveau sentir.
Car la pêche, pour nous Côt&Pêche, n’est pas qu’une question de technique ou de résultat. C’est un art de vivre. Une journée tant attendue qui commence bien souvent la veille au soir, quand on prépare le matériel avec une attention quasi maniaque : vérifier les bas de ligne, refaire des nœuds “pour être sûr”, hésiter entre deux boîtes de leurres, glisser la frontale dans le sac même si on ne prévoit pas de pêcher si tard… Et puis ce réveil du matin, avant même l’alarme de son téléphone, ce moment délicieux où l’on sait qu’on va y aller, que ça y est, on va enfin retrouver cette sensation unique : l’air salin, le mouvement de la houle, la lumière qui se lève sur un plan d’eau encore endormi.
Ce 78ème numéro, c’est exactement ça : le partage de notre passion pour la pêche en mer, dans toute sa diversité. D’un côté, la traque pure, celle où l’approche devient une science. “Voir sans être vu”, se faire discret, lire la moindre variation de lumière, comprendre la tenue d’un bar à quelques mètres du bord… et tenter le bon lancer, au bon angle, au bon moment. Une pêche fine, nerveuse, exigeante, mais terriblement vivante.
De l’autre, l’obscurité… et ce monde à part qu’offre la pêche de nuit. Là où les repères disparaissent, où l’on pêche davantage avec les sens qu’avec les yeux, où le moindre bruit de chasse peut accélérer le cœur, et où la prudence n’est pas une option mais une règle absolue. Une pêche intense, intime, qui laisse des souvenirs incroyablement forts.
Et puis, il y a ces poissons qui font rêver, ceux dont les combats vous obligent à vous concentrer jusqu’au bout : sérioles et liches, puissantes, imprévisibles, capables de rushs violents et de changements de direction qui mettent les nerfs à l’épreuve. Sans oublier le poisson-coq, silhouette mythique, crête dressée, attaque spectaculaire… une autre manière de comprendre ce que “pêche sportive” veut vraiment dire. Et si certains d’entre vous ont, en plus, l’âme du voyage, le Gabon vient rappeler qu’il existe des territoires où la nature dicte encore le tempo, où les embouchures concentrent la vie, et où chaque lancer peut déclencher l’inattendu : tarpon, carangues, capitaines, barracudas… une pêche puissante, sauvage… inoubliable.
Enfin, retour chez nous, là où l’hiver peut aussi devenir une opportunité pour les gros sars. Une pêche à la fois tactile et engagée, dans l’écume, dans la houle, au plus près de la zone d’alimentation, où l’on redécouvre le plaisir du contact direct et la beauté d’un combat dans les remous avec, toujours, la sécurité en ligne de fond.
Au fond, tout se rejoint : préparation, impatience, convivialité, partage… et ce moment, à la fin, où l’on se retrouve entre amis ou en famille, à raconter notre journée de pêche autour d’un repas simple, parfois accompagné d’un beau poisson. Parce que c’est ça aussi la pêche !!!
Christian Cano et toute l’équipe de Côt&Pêche